jeudi 19 avril 2018

Toutes blessent la dernière tue - Karine Giébel



Maman disait de moi que j'étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais...
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Editions Belfond
744 pages 
Publié le 29 Mars 2018
A propos de l'auteur : Ici


Commencer un Giebel c'est toujours la promesse d'un moment magique de lecture. Bien sur sa production littéraire n'est pas toujours synonyme de coup de cœur mais à chaque fois tout de même le charme agit et on passe un excellent moment.

Ce nouveau roman aura-t-il le même succès, la même force  que ses romans précédents et bien je le dis de suite, c'est un coup de cœur pour moi tellement ce roman m'a pris aux tripes tout le long de ses 744 pages et je n'ai pas pu le lâcher pendant toute ma lecture.

Tama est une petite fille marocaine arrachée à sa famille, vendue pour devenir une esclave dans une famille parisienne.  Elle va connaitre l'enfer absolu, les humiliations, les coups, la peur, la faim et la servitude totale. Sa beauté engendrant la concupiscence du père de famille, elle sera rendue à la femme qui l'a privée de sa liberté et de sa famille.
Dans cette nouvelle maison l'enfer continuera de plus belle, travail, coups, maltraitance seront son lot quotidien et seule une rencontre va la sauver de la mort.

Gabriel est un homme solitaire, un homme qui a tout perdu et qui veut se venger. Un jour une jeune femme arrive chez lui et le menace avec une arme mais blessée elle s'effondre et se retrouve à la merci de cette homme bien mystérieux et dangereux.

Quel rapport entre ces deux histoires? C'est ce qu'il nous reste à découvrir.

Karine Giebel nous propose donc une histoire qui nous tient en haleine d'un bout à l'autre. Impossible de lâcher ce roman une fois commencé.
Le thème de l'histoire est vraiment innovant, il ne me semble pas que l'on ait beaucoup écrit (surtout des thrillers) sur l'esclavagisme moderne qui touche plus de personnes qu'on ne peut l'imaginer et qui se retrouve dans toutes les couches sociales.

Cet esclavagisme qui nie l'humain, la personne,  la réduisant à un objet qui doit juste donner satisfaction et ne surtout poser aucuns problèmes. Une monstruosité absolue....

Tama, Izri, Megda , Gabriel et les autres personnages croisés au fil des pages nous entrainent dans ces aventures et dans cette escalade d'horreur.
Ce qui est remarquable c'est que même si certains personnages ne sont pas, et de très loin, des enfants de chœur ils n'en apparaissent pas moins comme terriblement attachants par certains de leurs côtés.
Beaucoup de violence certes dans cette histoire, violence physique ou psychique mais également de l'amour, de la rédemption et de l'espoir.

Pas de happy end bien sûr car on sait qu'avec Karine Giebel, la fin heureuse ce n'est pas possible tout simplement mais malgré tout une lueur d'espoir dans toute cette noirceur.

Voilà pour moi ce roman est un très bon Giebel, du même niveau que Meurtres pour rédemption et donc un vrai coup de cœur pour cette histoire servie comme toujours par cette plume très addictive.


#Karinegiebel #NetGalleyFrance







 2018

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