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mercredi 7 avril 2021

Pourvu que la nuit s'achève - Nadia Hashimi

 



Lorsque Zeba est retrouvée devant chez elle, le cadavre de son mari gisant à ses pieds, il paraît évident aux yeux de tous qu'elle l'a tué. Depuis son retour de la guerre, Kamal était devenu un autre homme, alcoolique et violent. Mais cette épouse et mère de famille dévouée est-elle vraiment capable d'un tel crime ? Présumée coupable, Zeba est incarcérée dans la prison pour femmes de Chil Mahtab, laissant derrière elle ses quatre enfants.

C'est à Yusuf, fraîchement revenu des États-Unis pour régler une dette symbolique envers son pays d'origine, que revient la défense de ce cas désespéré. Mais alors que son avocat l'exhorte à parler, Zeba garde obstinément le silence. Quel terrible secret cache-t-elle ? Qui cherche-t-elle à protéger en acceptant de jouer le rôle du suspect idéal ? Il faudra beaucoup de courage à Yusuf pour braver un système judiciaire corrompu et faire innocenter celle que tout le monde voit déjà pendue haut et court.

Editions Milady (Poche)
Traduit par Emmanuelle Ghez  
528 pages  
Publié le 4 Juillet 2018
A propos de l'auteur : ici








mercredi 6 décembre 2017

Ma vie de Bacha Posh - Nadia Hashimi





La famille d’Obayda aurait bien besoin d’un peu de chance : depuis l’accident de leur père, la vie dans la campagne afghane n’est pas facile pour la fillette de dix ans et ses soeurs. La tante d’Obayda a une idée pour leur porter bonheur : transformer la fillette en bacha posh, c’est-à-dire la faire passer pour un garçon. D’abord désemparée, Obayda – désormais appelée Obayd – devient amie avec Rahim, une autre bacha posh. En sa compagnie, elle va découvrir la liberté…
Editions Castelmore
279 pages 
publié le  20 Septembre 2017
A propos de l'auteur : ici


Je connaissais Nadia Hashimi pour avoir lu et adoré son roman La perle et la coquille et comme je m'étais promis de lire d'autres œuvres de cette auteure, j'ai coché ce roman lors du dernier Babelio- Masse Critique.

Ma vie de Bacha Posh est un roman jeunesse, qui traite d'une coutume dans certains pays comme l'Afghanistan  qui consiste à élever une fille comme un garçon, dans les familles qui n'ont pas eu de fils afin d’éviter la honte et de favoriser une naissance masculine lors d'une nouvelle grossesse.

Obayda a 10 ans, elle a 3 sœurs ainées et quand son père perd une jambe lors d'un attentat, sa tante suggère à sa mère de la transformer en Bacha Posh pour apporter de la chance dans la maisonnée et redonner le moral à son père.
Tout d'abord complétement désemparée, Obayd découvre la liberté d'être un garçon et se lie d'amitié avec Rahim qui se révèle être aussi une Bacha Posh. Ensemble elles/ils  vont vivre des aventures  et des moments de liberté interdits aux filles. Mais la condition de Bacha Posh n'est pas éternelle et nos deux amis vont en faire la dure découverte.

Ce roman est vraiment délicieux, tant par l'histoire racontée sur cette coutume qui met bien l'accent sur les énormes différences d'éducation entre une fille et un garçon dans ces pays où encore à l'heure actuelle une femme a très peu de droits et est souvent mariée de force très jeune à un homme qu'elle n'a pas choisi mais aussi par l'écriture fluide et accrocheuse de l'auteure.

J'ai été vraiment emportée dans cette histoire et j'ai accompagné avec un immense plaisir Obayd et Rahim,


Une jolie réussite encore une fois de Nadia Hashimi... à lire absolument et à faire découvrir aux jeunes tant fille que garçon pour ouvrir les yeux sur le travail qu'il reste encore à faire et le trajet interminable qui permettra un jour aux femmes d'être sur un pied d' égalité avec les hommes partout dans le monde.





lundi 29 juin 2015

La Perle et la Coquille - Nadia Hashimi





Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses soeurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu'à ce qu'elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d'une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.


Editions Milady
538 pages 
Publié le  19 Juin 2015
A propos de l'auteur : ici 
Traduit par Emmanuelle Ghez


Une lecture que j'ai découverte grâce à l'opération Babelio Masse critique et j'avoue sans problème que c'est le commentaire de Khaled Hosseini sur la couverture qui a emporté mon envie de découvrir cette histoire.
L’Afghanistan, ce pays difficile qui se cherche toujours une identité et qui malmène beaucoup les femmes.
Nous suivons à un siècle d'écart la vie de 2 femmes,  Shekiba, la femme au visage meurtri et Rahima son arrière arrière petite fille qui lutte pour une liberté impossible dans ce pays gouverné par la religion et l'omnipotence des hommes.
Nous passons ainsi d'une histoire à l'autre, celle de Shekiba est racontée par la tante de Rahima, et elle fascine totalement Rahima et ses sœurs.
En effet dans la famille de Rahima, il n'y a que des filles (7) ce qui pour un musulman est une tare absolue. Entre un père opiomane et une mère complètement asservie, Rahima n'a qu'une image affreuse de la condition d'une femme dans ce pays. Alors qu'elle n'est encore qu'une enfant elle est choisie pour se transformer en garçon, devenant une basha-posh et découvre ainsi la liberté que procure le fait d'être de sexe masculin. Tout se passe parfaitement, le père est content il a enfin ce fils qu'il désire mais hélas la puberté met un terme à cet état et Rahima comme ses sœurs est mariée de force à un homme bien plus âgé qu'elle.
Entre jalousies, violence, viol, maltraitance c'est toute l'histoire malheureuse et désespérante des femmes dans ce pays musulman qui applique un islam fort qui nie les droits des femmes et les rabaisse à l'état d'objet. Grace à une certaine éducation et le fait que Rahima sache lire et écrire elle aura une lueur d'espoir en ayant la possibilité d'aller à Kaboul au parlement en qualité de secrétaire de la première épouse de son mari.
En parallèle à cette histoire, régulièrement s'interpose la vie de Shekiba son arrière arrière grand-mère dont l'existence a basculé le jour où son visage a été brûlé sur toute une moitié. N'étant pas vendable à un époux elle se retrouve garde du harem du roi et découvre elle aussi la liberté que procure le fait de se faire passer pour un garçon. Mariée de force également, elle découvrira la violence et le rejet des droits des femmes.
C'est une histoire vraiment dure, terrible, poignante, les mots transpercent et brisent quelque chose à l’intérieur de nous. J'ai souffert avec ces femmes, pleurer à leurs drames, soupirer ou sourit à leur solidarité et leur amitié mais également beaucoup penser et repenser à ces situations que nous ne connaissons pas dans nos pays et à cette liberté chèrement gagnée par des luttes incessantes contre le machisme et la négation de l'égalité des hommes et des femmes.
En Afghanistan les femmes sont encore considérées comme des objets qu'on peut: vendre, échanger contre une dot, battre, violer, engrosser sans cesse mais aussi bafouer, torturer, lapider et répudier.
Ce double récit nous montre vraiment le redoutable chemin qu'il reste à faire pour que les afghanes puissent aspirer à nouveau à une liberté retrouvée, car avant que ce pays ne devienne un pays islamique, les femmes n'étaient pas voilées, pouvaient travailler.
Une très belle écriture accompagne cette histoire et nous emporte totalement  dans des sommets d'horreur et de souffrance comme on voudrait qu'il n’en existe plus.
Ce qui est magnifique c'est que des voix comme celle de khaled Hosseini ou celle de Nadia Hashimi et d'autres surement s'élèvent pour dénoncer cet état de fait et quasiment organisent la prise de conscience et une résistance qui espérons-le ne fera qu'augmenter.

Un immense merci à Babelio-Masse critique et aux Editions Milady pour cette histoire vraiment poignante.