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jeudi 5 juillet 2012

L'équation africaine - Yasmina Khadra







A la suite d'un terrible drame familial, et afin de surmonter son chagrin, le docteur Kurt Krausmann accepte d'accompagner un ami aux Comores.
Leur voilier est attaqué par des pirates au large des côtes somaliennes, et le voyage "thérapeutique" du médecin se transforme en cauchemar. Pris en otage, battu, humilié, Kurt va découvrir une Afrique de violence et de misère insoutenables où "les dieux n'ont plus de peau aux doigts à force de s'en laver les mains". Avec son ami Flans et un compagnon d'infortune français, Kurt trouvera-t-il la force de surmonter cette épreuve ? En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale tour à tour sauvage, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur.
Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d'un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s'ouvrir à la réalité d'un monde jusqu'alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux prédateurs et aux tyrans génocidaires



Editions Julliard
Publié en 2011 
327 pages
A propos de l'auteur : ici

On m'a offert ce livre pour mon anniversaire peu de temps après sa sortie en librairie, il m'a été dédicacé par l'auteur (une dédicace adorable) lors du salon du livre de Paris et malgré tout ça je n'arrivais pas à trouver le bon moment pour me plonger dedans, heureusement est passé par là le challenge Livra'deux de Livraddict auquel je me suis inscrite avec ma copine Ramettes. Parmi les 3 romans qu'elle m'avait proposé j'ai choisi celui ci car c'est vraiment celui qui me tentait le plus et que je savais devoir lire rapidement.
Yasmina Khadra nous offre ici une histoire très noire et très dure, une vision de l'Afrique terriblement réelle à la fois violente mais pleine d’espérance.
Dans ce roman nous suivons l'existence de Kurt, jeune allemand qui perd sa femme dans des conditions dramatiques, elle se donne la mort à cause d'une promotion refusée et qui part avec son ami Hans pour un voyage humanitaire vers les Comores, en chemin leur bateau est arrêté par des pirates au large de la Somalie, nos amis sont enlevés et commence pour eux un long chemin de violence, de brutalité, d'angoisse, de mort mais aussi, au final, de transformation.
Comme dans tous ses romans l'auteur nous embarque dans son histoire par son écriture toujours aussi magique. Yasmina Khadra est un conteur hors pair et  ce roman rejoint mes préférés.
J'ai aimé la façon dont L'auteur nous montre la prise de conscience de Kurt, sa façon d'ouvrir les yeux sur son ancienne vie, sur les differences qui entraînent une existence précaire comme celle que vivent tant d'africains qui, pour survivre s'engagent dans ces bandes de voleurs, pirates car c'est la seule voie qui leur reste pour tenter de s'en sortir.
C'est d'ailleurs une des choses que j'ai préféré dans ce roman, le parallèle entre nos existences européennes où pour un rien ou des broutilles (au regard des souffrances physiques, morales ou vitales de certaines régions du monde) on déprime, on souffre voire on se donne la mort (comme la femme de Kurt) et l'Afrique où ce sont les conditions d'existence même qui sont terribles et dérisoires et pourtant les gens luttent , tentent tout pour s'en sortir même par les chemins illégaux ou violents.
Comme toujours dans les romans de Yasmina Khadra, les personnages sont très bien cernés, évoqués ,analysés...on ne les aime pas forcement, on ne les trouve pas attachants non plus mais ils sont là, leur présence est indéniable et ils nous embarquent dans leurs aventures.
Pour conclure, encore un superbe roman de Yasmina Khadra, qui confirme encore un peu plus son immense talent et est loin d'avoir amoindri ma "fanitude". 

Un grand merci à Ramettes pour m'avoir proposé ce roman et m'avoir du coup "obligée" à me plonger dans cette lecture que j'ai vraiment beaucoup aimé. Et également un grand merci à Galleane et Livraddict pour ce challenge vraiment sympathique qui en prime permet de faire un tout petit peu descendre nos PAL..



dimanche 6 mai 2012

Cousine K - Yasmina Khadra



Hanté par la mort de son père, oublié par sa mère, blessé par l’absence de son frère adoré, un jeune Algérien se laisse peu à peu envahir par ses sentiments pour sa belle cousine. Très vite, un amour devient une obsession. Comment s’approprier cette fille capricieuse ? Entre les deux adolescents, une relation de victime à bourreau s’installe. Croyant apaiser sa souffrance, l’amoureux envisage de se venger de l’indifférente. Va-t-il l’emprisonner, la violer, la tuer ? Dans le silence du douar étouffant et torride, une tragédie se prépare…

Éditions Pocket
Publié en 2011
108 pages

A propos de l'auteur : ici


Incorrigible acheteuse compulsive, j'ai acheté ce petit roman un jour en allant choisir des livres à offrir à ma maman pour son anniversaire. Hier soir après avoir terminé Le tome 2 de l'épouvanteur j'ai eu envie de me replonger dans de la littérature "adulte" et comme je suis une inconditionnelle fan de Yasmina Khadra, ce court roman m'a fait de l'oeil et en peu de temps je l'ai dévoré.
Bon ce n'est sûrement pas le meilleur roman de monsieur Khadra mais il se lit quand même vraiment très bien.
On est face à l'histoire d'un enfant, dont on ignore le nom (ou alors j'ai raté l'information) qui est délaissé par sa mère qui n'a d'yeux que pour son frère aîné Amine. Frère que le narrateur adore mais qu'il jalouse en même temps. Ce jeune garçon tente par tous les moyens d'attirer l'attention de sa famille et de sa mère en particulier sans y parvenir. Il se sent transparent et cet abandon l'enferme petit à petit dans une folie absolue le conduisant au drame. Pour l'enfermer encore davantage dans son sentiment d'impuissance sentimentale, il s'éprend de la cousine K, véritable petite peste, qui l'humilie régulièrement mais qui a les faveurs de tous et de sa mère en prime.
Le roman est court, dés les premières pages on entre dans l'histoire et on suit celle du narrateur après la découverte de son père mort et son existence auprès d'une mère dominatrice qui ne vit que pour son frère et la cousine K. On comprend petit à peu que l'indifférence maternelle déconstruit la personnalité de l'enfant et que cette ignorance et cette transparence l'emportent petit à petit vers une folie qui le conduira à devenir lui même un bourreau .
Dans un roman aussi court, il est un peu difficile d'approfondir les personnages et donc on les survole et du coup aucun ne devient vraiment attachant, ce qui est dommage car même si le narrateur a des côtés poignants, on le voit tellement s'enfoncer dans sa folie qu'il n'est pas possible d'avoir une certaine indulgence pour lui.
Pour conclure, même si ce roman n'est pas un de ceux que je considère comme magnifiques de Yasmina Khadra; il n'en reste pas moins un bon roman, sombre, noir et il est, comme toujours servi par une écriture fabuleuse..




dimanche 6 février 2011

L'Olympe des infortunes - Yasmina Khadra



Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachant. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé 'le Musicien' parce qu'il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s'initie à la philosophie des Horr. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu'à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu'une affection, souvent plus profonde qu'il n'y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d'ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s'avère alors bien illusoire.


Éditions Pocket ( 2011 )


 188 pages

A propos de l'auteur : ici

Mon avis :

Yasmina Khadra nous offre un roman au style magnifique , comme dans tous ses livres, sur un sujet pas facile ni évident : la vie des laissés pour compte, de ce qu'on considère comme des "rebuts " de la société, des "clochards". Ceux ci sont d'un style particulier, car ils vivent volontairement en marge totale, réfugiés dans leur "olympe des infortunes" où ils survivent tant bien que mal, en ne désirant qu'être totalement libres, sans rien devoir à personne, ni dépendre de personne, refusant toute aide extérieure et tout sentiment (en apparence).

C'est donc dans cet univers si difficile qu'on côtoie des personnages aussi divers que particuliers. Comment sont ils arrivés là? Qu'est ce qui les a conduit à cette déchéance? Pourquoi n'ont ils jamais cherché à remonter la pente? Qu'est ce qui les retient dans cet enfer? Yasmina Khadra déroule son roman en distillant quelques informations sur certains personnages. Ces confidences restent discrètes.. mais arrivent à nous émouvoir car elles relatent des situations qui peuvent toucher chacun d'entre nous..
Les sentiments sont malgré tout présents, voire exacerbés par la confrontation entre les diverses solitudes. Par exemple Ach le musicien ne peut se résoudre à risquer de perdre Junior pour qui il ressent l'amour d'un père à un fils.
Ce livre nous apporte une grande réflexion sur un univers qui peut nous faire très peur et qu'on ne souhaite jamais connaître.
Encore une fois , ma "fannitude" pour l'oeuvre de Yasmina khadra n'a pas été déçue.. j'ai retrouvé son univers, son écriture, sa réflexion et tout ce qui fait la beauté et l'intérêt de ses romans.

Un grand merci à BOB et aux éditions Pocket pour ce très beau livre d'un auteur que j'adore.

mardi 15 juin 2010

L'attentat - Yasmina Khadra


Dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, une femme fait exploser la bombe qu'elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, Israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les innombrables victimes de cet attentat atroce. Au milieu de la nuit, on le rappelle d'urgence à l'hôpital pour lui apprendre sans ménagement que la kamikaze est sa propre femme.
Il fallait l'audace rare de Yasmina Khadra pour oser aborder un tel sujet. Dans ce roman extraordinaire, on retrouve toute la générosité d'un écrivain qui n'en finit pas d'étonner par son imaginaire et son humanisme

Encore une fois quelle écriture.. on est sous le choc en permanence ... on suit la quête d'Amine pour comprendre où tout a déraillé... et pourquoi lui n'a rien vu venir..
D'un sujet dramatique comme le terrorisme.. Yasmina Khadra nous entraîne dans une quête impossible..et on^plonge complètement dans ce roman..

vendredi 1 janvier 2010

Les hirondelles de Kaboul - Yasmina Khadra


Dans les ruines brûlantes de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Talibans veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore.



Extrait
Le mollah lève une main majestueuse pour apaiser le hurleur. Après la récitation d’un verset coranique, il lit quelque chose qui ressemble à une sentence, remet la feuille de papier dans une poche intérieure de son gilet et, au bout d’une brève méditation, il invite la foule à s’armer de pierres. C’est le signal. Dans une ruée indescriptible, les gens se jettent sur les monceaux de cailloux que l’on avait intentionnellement disposés sur la place quelques heures plus tôt. Aussitôt, un déluge de projectiles s’abat sur la suppliciée qui, bâillonnée, vibre sous la furie des impacts sans un cri. Mohsen ramasse trois pierres et les lance sur la cible. Les deux premières faillissent à cause de la frénésie alentour mais, à la troisième tentative, il atteint la victime en pleine tête et voit, avec une insondable jubilation, une tache rouge éclore à l’endroit où il l’a touchée. Au bout d’une minute, ensanglantée et brisée, la suppliciée s’écroule et ne bouge plus. Sa raideur galvanise davantage les lapideurs qui, les yeux révulsés et la bouche salivante, redoublent de férocité comme s’ils cherchaient à la ressusciter pour prolonger son supplice. Dans leur hystérie collective, persuadés d’exorciser leurs démons à travers ceux du succube, d’aucuns ne se rendent pas compte que le corps criblé de partout ne répond plus aux agressions, que la femme immolée gît sans vie, à moitié ensevelie, tel un sac d’horreur jeté aux vautours.


Encore un livre fort de Yasmina Khadra, une approche réelle de l'horreur integriste avec son intolerance et tout cela ecrit de façon merveilleuse...

mercredi 14 octobre 2009

Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra

Alors que Younes n’a que neuf ans, son père, paysan ruiné par un spéculateur autochtone, perd ses terres ancestrales. Accablé, l’homme doit se résoudre à confier son enfant à son frère, un pharmacien parfaitement intégré à la communauté pied-noir d’une petite ville de l’Oranais. Le sacrifice est immense. En abandonnant son fils, l’homme perd du même coup le respect de lui-même.
Mais les yeux bleus de Younes et son physique d’ange l’aident à se faire accepter par cette communauté aisée de province. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi de jeunes colons dont il devient l’inséparable camarade. Il découvre avec eux les joies de l’existence et partage leurs rêves d’adolescents privilégiés que ni la Seconde Guerre Mondiale ni les convulsions d’un nationalisme arabe en pleine expansion ne perturbent. Jusqu’au jour où revient au village Émilie, une jeune fille splendide qui va devenir la vestale de nos jeunes gens. Naîtra ainsi une grande histoire d’amour qui mettra à rude épreuve la complicité fraternelle des quatre garçons, écartelés entre la loyauté, l’égoïsme et la rancune que la guerre d’Indépendance va aggraver.
La révolte algérienne sera, pour Younes-Jonas, sanglante et fratricide. Il refusera de laisser détruire l’amitié exceptionnelle qui l’unit à ces jeunes pieds-noirs ; il ne pourra tourner le dos à cet oncle et à cette tante qui lui ont offert une vie meilleure ; mais jamais il n’acceptera non plus de renoncer aux valeurs inculquées par son père : la fierté, la déférence envers ses ancêtres et les coutumes de son peuple, le respect absolu de la parole donnée, et, ce, quitte à mettre en péril l’amour déchirant qu’il a pour Émilie.
Avec la verve romanesque qu’on lui connaît, Yasmina Khadra éclaire d’un nouveau jour ce conflit ayant opposé deux peuples amoureux d’un même pays. La grande originalité de cette saga qui se déroule de 1930 à nos jours repose sur une courageuse défense de cette double culture franco-algérienne que l’Histoire a, de part et d’autre, trop souvent cherché à renier.


Un coup de foudre pour cet auteur que je ne connaissais absolument pas .. L'histoire est stupefiante de lucidité, de tendresse, d'humour, de chagrin... on suit le personnage dans toutes ses peregrinations , ses prises de conscience.. sa vie en somme, tout en parcourant tout un grand pan de l'histoire algérienne.. Un grand coup de coeur pour l'ensemble..